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La résistance
française
Il faut savoir que le 17 juin 1940, vers 12 heures, le
président du conseil, le maréchal Pétain à déclaré "C'est le cœur serré que
je vous dit qu'il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à
l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec nous, entre
soldats, après la lutte et dans l'honneur, les moyens de mettre un terme aux
hostilités...."
L'histoire de la résistance commence le lendemain 18 juin 1940. C'est ce
jour là vers 18 heures que le général Charles de Gaulle dans un studio de la
BBC, déclare "Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les
officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique
ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes,
j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries
d'armement, qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à
s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive la flamme de
la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas....". Le
combat commence alors entre le vainqueur de Verdun enraciné à sa terre et
responsable d'un peuple écrasé par l'humiliante défaite militaire et qui
pense pouvoir négocier honorablement avec Hitler, et un jeune général
de quarante-neuf ans. De Gaulle, avait cependant dès 1935, réclamé des
divisions blindés. Il eut contre lui les généraux et les politiciens. Pour
les premiers de Gaulle voulait transformer complètement l'armée. Et il y a
la phrase célèbre du ministre de la guerre le général Maurin qui en parlant
de la ligne Maginot déclarait "au-devant de laquelle nous serions fous
d'aller à je ne sais quelle aventure" Hitler prouvera au général Maurin
qu'il ne lui été pas nécessaire de franchir la ligne mais de la contourner.
C'est là que les divisions de Gaulle auraient été bien utiles. Les seconds,
les politiciens, ne voulaient absolument pas entendre parler d'armée de
métier confiée à des techniciens. Et le 15 mars 1935 Léon Blum à l'assemblée
attaque violemment le projet du général de Gaulle. Comme pour lui donner
raison, le maréchal Toukhatchevski, qui dîne avec de Gaulle dans un
restaurant parisien, fait cette étrange réflexion "Votre armée est une armée
de musée: vos divisions de chevaux, tout cela, c'est passé de mode". C'est
en vain que de Gaulle essaie de convaincre un parlement timoré. "En ce temps
là déjà les socialistes étaient sur de détenir la vérité. Le 10 mai 1940,
invasion de la France par les panzers allemands. A ce moment tout va
changer, le moral des Français s'écroule, la confiance en Pétain vacille. De
Gaulle est nommé à la tête de la quatrième division forte de 150 chars. Du
17 au 29 mai 1940, il se bat à Montcornet, le 19 à Laon, les 27 28 et 29 à
Abbeville. Le 25, il est élevé au grade de général de brigade. Le 2 juin il
est cité à l'ordre de l'armée par le général Weygand "Admirable chef,
audacieux et énergique, a attaqué les 30 et 31 mai une tête de pont ennemie,
lui permettant de pénétrer de 5km dans ses lignes en capturant plusieurs
centaines de prisonniers et un matériel considérable". Le 6 juin 1940, Paul
Reynaud appelle le Général de Gaulle comme sous secrétaire d'état à la
défense. Mais Charles de Gaulle se souvient du 16 mai. Ce jour là colère et
la honte s'est emparé de cet homme alors qu'il montait au front, il croisa
des soldats français en débandade et sans fusils, auxquels les Allemands
disaient "Nous ne pouvons pas vous faire prisonnier, nous n'en avons pas le
temps". L'insolence et l'allure méprisante de l'adversaire mirent Charles de
Gaulle hors de lui. On lui demandait, pour sauver l'honneur de la
France, d'accepter la place de sous-secrétaire d'état à la défense. De
Gaulle de l'honneur il en avait à revendre et c'est pour cela qu'il disait
"que bien des endroits dans le monde l'aideraient à combattre l'ennemi".
Pour lui l'occupation de la France était un début, il pressentait un conflit
mondial. Charles de Gaulle arrive en Angleterre le 9 juin pour demander
l'aide de la RAF. Churchill refus , il ne croit plus au rétablissement de
situation en Franceµ. Le soir de retour sur le sol français, il apprend que
les Allemands sont aux portes de Paris. Les jours suivants il va les
employer à transférer le reste des troupes françaises en Afrique du Nord. Le
13 juin Churchill qui discute avec Weygand et Reynaud, entend évoquer
l'armistice. Le général de Gaulle découragé pense à démissionner, mais le
ministre de l'intérieur
Georges Mandel lui dit ceci"Vous aurez de grands devoirs à remplir général.
Mais avec l'avantage d'être au milieu de nous tous un homme intact. Ne
pensez qu'à ce qui doit être fait pour la France et songez que, le cas
échéant, votre fonction actuelle pourra vous faciliter les choses".
Convaincu, le général s'embarque pour l'Angleterre. Le 16 juin, il va
accomplir son premier acte de résistance. Sa position de secrétaire à la
défense, lui permet de dérouter un navire qui se rendait à Bordeaux, vers
l'Angleterre? Ce navire transportait des canons de 75, des mitrailleuses et
des munitions achetés par la France aux USA. Une proposition d'alliance
entre la France et l'Angleterre, est proposée au gouvernement français qui
la rejette, seul Paul Reynaud accepte l'offre de Churchill. Se
retrouvant seul, le 16 juin au soir, il démissionne. De Gaulle arrive à
Bordeaux dans la soirée et il apprend sur l'aéroport, le changement de
gouvernement. Il décide de repartir le lendemain. Nous sommes le 17 juin,
les Allemands sont parvenus à Caen, au Mans, à Orléans, au Creusot à Metz à
Belfort à Colmar, et sillonnent les routes françaises au milieu des civils
désemparés qui fuient. A la date de la signature de l'armistice, le 22 juin,
1800000 personnes seront envoyés en Allemagne. L'appel du 18 juin sera
partiellement ou intégralement publié dans plusieurs journaux du sud de la
France. Malgré cela, peu de Français entendront ce message. Il faudra du
temps pour que le peuple se rende compte de ce qu'il représentait. Le 25
juin, le cessez le feu est ordonné aux troupes italiennes et allemandes
occupant la France (l'Italie ayant déclaré la guerre à la France le 10
juin). L'armistice franco-allemand est signé le 22 juin à Compiègne.
L'armistice franco-italien à Rome le 24 juin. Ce traité consacre
l'occupation de 55% de la superficie de la France, occupée par 25 millions
de Français. La zone libre (siège de Vichy) représente 14 millions
d'habitants. A l'occupation physique vont s'ajouter les humiliations, les
privations, les incitations à la collaboration. Tous ces facteurs vont
déclencher à juste titre, la colère des Français en zone occupée. A Paris,
le réseau du "musée de l'homme" va prendre vie. Il est formé d'intellectuels
et d'universitaires, comme Boris Veldé et Anatole Lewitzky. En juillet un
autre groupe se constitue avec Claude Aveline, Jean Cassou et Marcel
Abraham. Lorsque le groupe atteint son rythme de croisière, les fondateurs
décident de le constituer en société littéraire"Les Amis d'Alain Fournier"
ceci pour détourner les soupçons des Allemands. De toutes part, d'autres
personnalités viennent rejoindre ces réseaux. Agnès Humbert, Jean Duval,
Jean Aubret, Simone Martin-Chauffier pour les "Amis d'Alain Fournier". Et
pour le musée de l'homme, Yvonne Odon, Jean Paul Carrier, Jacqueline
Bordelet. Du coté anglais on songe à recruter des agents en France, pour
donner des renseignements militaires sur les Allemands. Les deux réseaux
trouvent cela naturel. Les premiers tracts vont sortir les 19 et 25
septembre. On va très vite s'apercevoir que ce n'est pas suffisant. Il faut
un journal ! Mais qui va le faire ? Cassou en sera le rédacteur en chef,
mais il va essayer de convaincre Pierre Brossolette ancien chroniqueur de
politique étrangère à collaborer à l'élaboration du journal. Ce
journal va prendre forme sous le nom de"Résistance". Parallèlement à cela,
le groupe de Vildé se préoccupe à mettre en place un réseau de renseignement
avec la possibilité de transmettre des informations et de créer des groupes
paramilitaires pour la collecte des armes avec apprentissage de leur
maniement. Enfin, mise en place de filières d'évasion en zone libre, en cas
de danger. Pour se faire ils prennent contact avec André Weil-Curiel, envoyé
de Londres avec mission de créer un groupe d'action résistante, dans lequel
on rencontrera Maîtres Léon Maurice Nordmann, Albert Naud etc... Ce groupe
sera appelé parfois "Groupe des avocats socialistes". Vildé décide de
fédérer toute la résistance de la zone Nord et pour cela il entre en contact
avec les réseaux de Transler et Gauthier. C'est ainsi que le réseau du
"Musée de l'homme" devient fin 1940 un réseau opérationnel.
Extrait de "Les grandes énigmes de la résistance"
Présentées par Bernard Michal
Avec la collaboration de
Pierre Bourget - Lucien Viéville - Pierre Guillemot
Éditions "Les Amis de l'histoire" 1968
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