Philippe IV le Bel
Le scandale de la tour de Nesle

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Chez les princesses, on fit de la musique, on écouta des vers. les marchands d’étoffes rares, de parfums précieux trouvaient toujours chez elles un accueil empresse. dans les sombres salles voûtées du palais de la cité, les modes nouvelles prenaient naissance. des modes parfois audacieuses : ainsi celle des robes qui s’ouvraient jusqu’à la hanche, au rythme de la démarche . Le roi Philippe observait cela de son regard sévère. Mais soucieux de laisser libre cette jeunesse, ne réprimandait pas. Encore fallait - il que ces jolies filles demeurassent en deçà de certaines limites. Elles n’y songèrent pas. Tête baissée, elles se précipitèrent dans la tragédie. Depuis un certain temps, les mauvaises langues de la cour chuchotaient sur le " dévergondage " des princesses. Sans preuve. Dès qu’une femme est jolie, coquette, celles qui n’ont jamais été jolies, et qui ne sont plus jeunes, jurent volontiers que les premières sont coupables des pires péchés. On parlait de certains rendez-vous. Le danger se précisa lors du voyage en France du roi Édouard II d’Angleterre et de la reine isabelle son épouse au mois de mai 1313. Isabelle était la fille de Philippe le Bel et lui ressemblait beaucoup. elle était comme lui implacable dans ses jugements et ses décisions. De plus, son mariage n’était pas heureux, le roi Édouard préférant de beaucoup a sa femme les jeunes pages de la cour. De cette disgrâce, le cœur d’isabelle était sorti meurtri, durci. Aux côtés de son père, de ses trois frères et de leurs femmes, elle assista aux fêtes que Philippe offrit au roi d’Angleterre : spectacles, défilés, tournois. Le roi conféra la chevalerie à ses fils. Plusieurs seigneurs la reçurent en même temps : notamment deux frères, appelés Gautier et Philippe d’Aulnay. Isabelle remarqua ces deux chevaliers. L’un et l’autre étaient de magnifiques seigneurs, grands, beaux, courageux, adroits dans les exercices corporels. Adroits aussi dans certains exercices moins innocents. Ce qui frappa soudain isabelle c’est de voir pendre à la ceinture des chevaliers d’Aulnay, une aumônière. Ce qui l’étonnait, c’est que ces aumônières ressemblaient singulièrement à celles qu’elle même avait offertes quelques temps au paravent à ses belles sœurs Blanche et Marguerite.


Dernière Modification   22/12/16

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