Le procès des Templiers
Page 12

Toujours les mêmes. Leur répétition a donner naissance à ce que l’on a appelé " le mystère des templiers ". Pourquoi ces centaines d’hommes ne se rebellent-ils pas ? on cite de nombreux cas où des templiers, prisonniers des infidèles en orient , sont morts sous les plus horribles tortures plutôt que d’abjurer leur foi. Tout à coup, comme affolés par les questions de l’inquisition, ils reconnaissent en Europe tout ce dont on les accuse, cette faiblesse parait inexplicable les accusations contre les templiers ont-elles été entièrement forgées de toutes pièces par Nogaret ou bien Nogaret a-t-il lancé son implacable machine de guerre en se fondant sur des bases réelles ? . Le mystère des templiers subsiste. Mais, quand bien même on admettrait que les templiers se soient livrés, lors de leur initiation, à un cérémonial compliqué, étrange, condamnable, certainement ces êtres simples ne l’accomplissaient pas dans un esprit hérétique. Bien complexe aussi le cas de Jacques de Molay. après avoir avoué tout ce que l’on voulait ; au mois d’août 1309, quand s’ouvrit le deuxième procès des templiers, Molay sembla avoir retrouvé toute son énergie. Après quoi, il se rétracta. Lui qui semblait vouloir défendre l’ordre, et le faire avec passion, disait maintenant qu’il ne le défendrait que devant le pape. Le 7 février 1310, 33 Templiers déclaraient vouloir défendre l’ordre. Ainsi entendit-on le frère Bertrand de Saint Paul déclarer : " jamais je n’ai avoué les erreurs imputées à l’ordre, ni ne les avouerai tout cela est faux.". Le 7 avril, Pierre de Boulogne, porte parole des défenseurs des templiers, lut une déclaration capitale : il affirmait que toutes les accusations proférées contre ses frères étaient mensongères. Il se refusait à admettre aucun laïc parmi ses juges. Le 2 mai les défenseurs de l’ordre du temple étaient 573 !! on était loin maintenant du consentement unanime et humiliant marqué par les templiers après leur arrestation. La machine de guerre mise au point par Nogaret allait-elle se détraquer ? le 10 mai 1310, l’archevêque de Sens, Philippe de Marigny, parfaitement dévoué au roi Philippe IV le Bel, réunissait à Paris un synode. Deux jours seulement après avoir pris séance, le grand synode condamnait au bûcher 54 templiers de Paris qui avaient offert de défendre l’ordre du temple. Le jour même on les brûlait. Bravant toute crainte, avec un courage exemplaire le frère Aymeri de Villers-le-duc, déclarait à son tour : j’ai reconnu quelques unes de ces erreurs, je l’avoue, mais c’était sous l’effet des tourments que m’avaient fait subir G. de Marcilly et Hugues de la Celle, chevaliers du roi lors de leur enquête. J’ai vu, hier, mener en charrette 54 de mes frères pour être brûlés vifs faute d’avoir avoué ces crimes... ah !! si moi je devais être brûlé, j’ai trop peur de la mort, je ne la supporterais pas !!! je céderais.... j’avouerais sous serment... tous les crimes qu’on impute à l’ordre. J’avouerai que j’ai tué Dieu si on me le demandait on sut, le 18 mai que le principal avocat des templiers, Pierre de Bologne, avait disparu. Naturellement on déclara qu’il s’était évadé. Alors , désespérés 44 templiers firent savoir qu’ils renonçaient à défendre leur ordre.


Dernière Modification   22/12/16

© Histoire de France 1996